Les oligodendrocytes jouent un rôle clé dans la maladie d’Alzheimer

Les oligodendrocytes jouent un rôle clé dans la maladie d’Alzheimer

Les oligodendrocytes jouent un rôle clé dans la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer, principale cause de démence dans le monde, ne touche pas uniquement les neurones. Les cellules gliales, et en particulier les oligodendrocytes, pourraient aussi contribuer à son développement. Ces cellules, responsables de la production et de la maintenance de la myéline, une gaine essentielle pour la transmission rapide des signaux nerveux, montrent des signes précoces de dysfonctionnement dans cette maladie.

Une étude récente a révélé une signature épigénétique spécifique liée aux oligodendrocytes chez les personnes atteintes d’Alzheimer. Cette signature, identifiée grâce à l’analyse de la méthylation de l’ADN dans plusieurs régions du cerveau, est présente dès les premiers stades de la maladie. La méthylation de l’ADN est un mécanisme épigénétique qui régule l’expression des gènes en réponse à des facteurs environnementaux et génétiques. Les chercheurs ont observé que cette signature est conservée dans différentes zones cérébrales, qu’elles soient touchées tôt ou tardivement par la maladie.

Les gènes associés à cette signature montrent une expression altérée dans les oligodendrocytes des patients atteints d’Alzheimer. Cela confirme que ces cellules jouent un rôle actif dans la progression de la maladie. De plus, cette signature a également été retrouvée chez des souris génétiquement modifiées pour développer une pathologie précoce similaire à celle de l’Alzheimer, ainsi que dans d’autres maladies neurodégénératives comme les tauopathies primaires. Cela suggère que le dysfonctionnement des oligodendrocytes pourrait être un mécanisme commun à plusieurs affections neurologiques.

Les chercheurs ont également mis en évidence des modifications dans l’expression de gènes spécifiques des oligodendrocytes. Par exemple, des gènes comme MOG et MYRF, essentiels pour la formation et la maintenance de la myéline, présentent des altérations dans leur régulation. MOG est un marqueur des oligodendrocytes matures, tandis que MYRF est un facteur de transcription crucial pour la différenciation et la maintenance de ces cellules. D’autres gènes, comme ATP11A, impliqué dans des maladies de la myéline, montrent aussi des changements significatifs.

L’étude a également révélé que ces signatures épigénétiques sont liées à des modifications de l’expression des gènes dans les oligodendrocytes. En analysant des données de séquençage de l’ARN de cellules individuelles, les chercheurs ont observé que les gènes associés à ces signatures sont surexprimés dans certains sous-types d’oligodendrocytes, en particulier ceux liés à un stade avancé de la maladie. Cela renforce l’idée que les oligodendrocytes ne sont pas de simples spectateurs dans la maladie d’Alzheimer, mais qu’ils contribuent activement à son évolution.

Enfin, l’étude a montré que ces signatures de méthylation de l’ADN sont préservées non seulement dans différentes régions du cerveau humain, mais aussi dans des modèles murins de la maladie. Cela suggère que le dysfonctionnement des oligodendrocytes pourrait survenir très tôt dans le processus pathologique, avant même l’apparition de symptômes cliniques. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de thérapies ciblant spécifiquement ces cellules et leurs mécanismes épigénétiques.


Attributions légales

Citation de l’étude

DOI : https://doi.org/10.1038/s41380-026-03686-1

Titre : Early oligodendrocyte dysfunction signature in Alzheimer’s disease: Insights from DNA methylomics and transcriptomics

Revue : Molecular Psychiatry

Éditeur : Springer Science and Business Media LLC

Auteurs : Katherine Fodder; Hannah M. G. Smith; Umran Yaman; Ignazio S. Piras; Megha Murthy; John Hardy; Tammaryn Lashley; Rohan de Silva; Dervis A. Salih; Conceição Bettencourt

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